Sports Infos 33
Crédits Photos (Christophe Bricot)DIMANCHE 7 FEVRIER
LE GRAND PRIX POUR ROGER YVES BOST
Cette fois-ci, les choses étaient revenues dans l'ordre. Après le sévère parcours de Coupe du monde d'hier où seuls deux cavaliers avaient pu passer entre les mailles du filet de Frank Rothenberger, dimanche, pour le Grand Prix du Jumping International de Bordeaux, ils étaient douze barragistes.
Marcus Ehning, dernier de la liste, était bien sûr de la partie, non plus avec Leconte, le vainqueur d'hier, mais avec le désormais légendaire Sandro Boy, toujours aussi fringant malgré ses 17 ans. Et la question était non pas « qui va gagner ce barrage ?» mais « qui pourra battre Ehning ? » Et en consultant la liste, un seul nom paraissait évident. Bosty ! Roger-Yves Bost, 45 ans et un certain nombre de barrages (et d'exploits) au compteur. Dont deux à Bordeaux, mais pour ça, il faut remonter aux années Norton de Rhuys, 1990 et 1992
Car il n'y a pas mieux que Bosty dans ce rôle de « déjoueur » de pronostics. Son arme principale : la certitude de gagner n'importe quelle épreuve à n'importe quel moment. Ce
qu'il fit, contre toute attente, à Cannes, l'été dernier sur le très difficile Global Champions Tour. Si difficile qu'il fut le seul à réaliser un double sans faute gagnant.
A Bordeaux,
le défi était différent : onze adversaires à abattre, dont ce diable de Marcus Ehning, dont il ne connaissait pas le résultat puisque l'Allemand devait être le dernier à partir.
Mais Roger-Yves Bost n'est pas du genre à se poser trop de questions quand il s'agit d'aller vite. Et pourtant, il se passe des choses pendant ses parcours : ses acrobaties pour sauver une faute, un fer qui vole en l'air : « Ça m'a un peu déconcentré et puis j'ai dû relancer Idéal parce que cela le faisait ralentir » expliquait Bosty. Même en 42.07 secondes, le cavalier a géré son cheval avec lucidité, lui laissant même de brefs instants pour respirer, se relâcher avant de repartir de plus belle. Marcus Ehning sait que Bosty est un morceau coriace quand il est comme ça. Mais l'Allemand, en grand champion, n'a pas bradé cette victoire. Le parcours de Sandro Boy fut plus fluide, certes, mais à l'arrivée, il manquait finalement 6 centièmes : « Je ne suis certainement pas déçu", se réjouissait son cavalier. "L'an dernier, je perdais ce Grand Prix de 2 centièmes, cette année, je le perds de 6 centièmes, mais en même temps j'ai gagné l'épreuve Coupe du monde hier avec un centième d'avance et c'est donc un bilan encore plus satisfaisant. J'aime bien Bordeaux et vous pouvez compter sur moi l'année prochaine. »
Et le Jumping de Bordeaux devrait également pouvoir compter à nouveau sur ce public fabuleux, de plus en plus accro à l'événement, puisqu'il était encore plus nombreux que l'an passé : plus de 22.000 spectateurs payants et 30.000 visiteurs pour le salon Jumping l'Expo. Le bonheur était au Parc des Expositions ce week-end.
Résultats :
1. Idéal de la Loge - Roger-Yves Bost (FRA) 0.00 points / 42.07
2. Sandro Boy - Marcus Ehning (GER) 0.00 points / 42.13
3. Ad Picolien - Alvaro de Miranda (BRA) 0.00 points / 42.71
4. Lamm de Fetan - Thimothée Anciaume (FRA) 0.00 points / 43.72
5. Winnigmood - Luciana Diniz (POR) 0.00 points / 44.16
6. Le Prestige St Lois - Kevin Staut (FRA) 0.00 points / 44.31
7. Lorenzo - Christian Ahlmann (GER) 4.00 points / 43.94
8. Randgraaf - Philippe Rozier (FRA) 4.00 points / 46.73
SAMEDI 6 FEVRIER
DOMINATION ALLEMANDE DANS L'EPREUVE DE COUPE DU MONDE
Elle était attendue par le public BORDELAIS, toujours très nombreux, et elle a tenu toutes ses promesses. L'épreuve de Coupe du Monde, disputée ce samedi soir, le Rolex FEI World Cup, a été dominée par les cavaliers allemands au bout d'un suspens incroyable. Une petite seconde sépare en effet Marcus Ehning à son compatriote Philippe Weishaupt.
Le Français Philippe Delaveau termine 3ème. Le BORDELAIS Stéphane LAFOUGE, qui montait Gabelon des Ores termine 14ème.
Frank Rothenberger, le chef de piste, avait annoncé la couleur lors de la présentation de son parcours à la presse : « A Leipzig, j'ai eu seize sans faute, cette
fois-ci je voulais rectifier le tir et c'est sans doute le parcours le plus difficile de la saison que j'ai construit
ici ». Alors c'est un vrai grand champion que cette étape bordelaise de la Coupe du monde a consacré : Marcus Ehning.
Rien d'étonnant car ce champion-là se nomme Marcus Ehning : mais le scénario qui lui a permis d'accéder à cette première victoire en Coupe du monde à Bordeaux était inimaginable.
Inimaginables d'abord les dégâts enregistrés en première manche : des fautes partout. Ce diable de parcours ne laissait pas un moment de répit, le moindre instant de déconcentration ne pardonnait
pas. Pas un seul des douze obstacles (quinze à la vérité en comptant tous les éléments des combinaisons) n'a été épargné. Tous à terre. Si le couple cavalier cheval sortait indemne de cette
première « diagonale du fou » qui, dès le vertical n°3 l'envoyait sur un triple assassin, les autres difficultés le guettaient à chaque coin de piste. Les cracks(comme le n°2 mondial et vainqueur
de l'an passé, Albert Zoer, 16 points avec Sam), et les outsiders (comme Daniel Etter, le Suisse, pourtant vainqueur des deux premières étapes de la saison, 16 points
aussi), tombaient les uns après les autres. Il fallut attendre le quinzième concurrent pour voir le premier sans faute de la soirée : Philippe Weishaupt, 25 ans, le jeune
disciple de Ludger Beerbaum : « C'est vrai que je stressais un peu au paddock, j'avais effectivement trouvé ce parcours difficile à la reconnaissance et puis, quand j'entendais les
résultats, je n'étais pas plus rassuré. Et finalement tout s'est bien passé, un parcours de rêve. Pendant longtemps, j'ai été
le seul sans faute. Ensuite, plus l'épreuve avançait et plus les autres faisaient des fautes et plus je me sentais heureux... Jusqu'à ce que Marcus Ehning arrive... ».
Ehning aussi se posait des questions au paddock : « Après la reconnaissance, tout en admettant que ce parcours était vraiment dur, j'avais des certitudes, et puis quand j'ai vu les fautes s'accumuler, j'ai progressivement changé mes plans initiaux ».
Visiblement, le n°3 mondial a vite trouvé les solutions et Leconte est allé rejoindre Catoki pour un barrage qui allait tourner au championnat
d'Allemagne, version « simple messieurs ». Un barrage qu'aucun des deux protagonistes n'a vraiment aimé : « Pas facile de partir en secondquand le premier a fait un parcours rapide avec une
faute. On ne sait quoi faire : aller vite ou assurer le sans faute. J'ai commencé par la deuxième solution, et puis j'ai fait cette faute dont je suis le seul responsable. J'ai dû accélérer et
c'est passé, mais de justesse, » résumait Ehning avec un grand sourire. « Pas facile de partir en premier quand on sait que l'on n'est que deux et que c'est Ehning qui vient après.
Normalement, je devrais me réjouir de finir second ce soir, après ce terrible parcours. Et puis après coup, je regrette. Je perds d'un centièmede seconde, vous savez ce que ça représente un
centième de seconde sur un parcours de 250 mètres ? Trois centimètres et demi ! Flûte, Marcus en a gagné assez de victoires, alors pour trois centimètres et demi, j'aurais pu lui prendre celle-là
». Le jeune Philippe Weishaupt a
déjà le sens de la communication. En tout cas voilà un nouvel Allemand fort sympathique, lui qui devait ensuite défendre l'erreur de jeunesse de Simon Delestre qui a un peu forcé
Couletto à poursuivre son parcours après s'être écrasé dans l'un des juges de paix de la soirée, la barre de Spa : « J'ai 25 ans, et j'aurais sans doute fait la même chose.
C'est à partir de ce genre d'erreur que l'on acquiert de l'expérience. »
Patrice Delaveau est sans doute celui qui, malgré un quatre points (« Une faute que je prends à mon compte ») a fait la meilleure affaire de la soirée. Le chrono rapide de Katchina Mail devait lui permettre de compléter ce podium et d'accéder à la finale de la Coupe du monde à Genève en avril. Un résultat qui permet de revoir les ambitions du début de saison Coupe du monde que s'étaient fixées Laurent Elias : « L'objectif était de voir trois cavaliers qualifiés, mais désormais j'espère en voir un quatrième à Genève », précisait l'entraîneur national de saut d'obstacles à l'issue de cette étape bordelaise.
Mais c'est bien Ehning qui reste le héros de la soirée. Ce centième de seconde restera dans les annales comme l'égalité parfaite entre Ludo Philippaerts et Willi Melliger
en 2001. Le public ne s'y est pas trompé, lui qui s'est levé comme un seul homme pour rendre hommage
au Centaure allemand.
VENDREDI 5 FEVRIER -
Geir Gulliksen joue et gagne !
L'épreuve de vitesse qui s'est courue vendredi soir a donné du beau spectacle au public bordelais. Le Norvégien Geir
Gulliksen a su prendre les risques qu'il fallait pour s'imposer avec le cheval familial Lord II Z. "J'ai emprunté le cheval à ma fille Victoria qui le monte habituellement. Elle
s'est d'ailleurs bien classée avec lui à Paris. Il aura 17 ans
cette année, il a beaucoup d'expérience mais c'est un cheval qui a aussi beaucoup de fraîcheur. Même s'il est petit,c'est un vrai gagneur ", expliquait le Norvégien en sortie de paddock.
Derrière lui la bataille a été rude pour accéder à la remise des prix : Michel Robert et Kronos d'Ouilly échouent de peu à la seconde place, juste devant Stéphane LAFOUGE le chouchou du public bordelais.
Coupe du monde d'attelage : IJsbrand Chardon en toute logique
L'attelage néerlandais d'IJsbrand Chardon était très attendu à Bordeaux pour cette étape de Coupe du monde d'attelage et il n'a pas déçu. Avec plus de neuf secondes d'avance, il s'impose dans cette première manche, une épreuve de vitesse. "Cette épreuve était très importante pour moi aujourd'hui. Mes chevaux n'ont eu aucune hésitation et j'ai pu faire exactement ce que je voulais. C'est sans aucun doute la meilleure prestation que j'ai pu faire cette saison. J'espère pouvoir avoir le même niveau demain pour la deuxième manche ", expliquait le meneur très satisfait de sa prestation. Le dénouement de cette étape Coupe du monde d'attelage se jouera samedi soir avec la deuxième manche qui permettra de désigner le vainqueur et de déterminer la liste des qualifiés pour la finale de Genève (14-18 Avril - Palexpo).
Simon Delestre, sur une douce Mélodie
Onze cavaliers se sont qualifiés pour le barrage du prix Generali, vendredi soir lors de la plus importante épreuve de cette journée.
Simon Delestre a pris le meilleur sur ses concurrents, associé à une Melodie Ardente calme et appliquée : " Elle a fait un premier tour parfait,
j'avais bien le contrôle, elle a été facile. Elle a fait son barrage tout en déroulant. C'est une jument qui est toujours très compétitive, très rapide naturellement. Elle reprend la
compétition après un break de quelques semaines. Elle n'avait pas sauté depuis Francfort, fin décembre et elle redébute ici parfaitement en épreuve à 1m50. Elle fera une autre épreuve à 1m50 et
je ferai l'épreuve deCoupe du Monde de demain avec mon autre cheval Couletto. Je monterai Napoli, mon troisième cheval, dans le Grand Prix de dimanche", explique le cavalier Lorrain
qui va poursuivre son périple vers Vigo en Espagne pour son prochain concours.
Le Suisse Pius Schwizer, associé à Ulysse, rate le doublé de cette journée pour 9 centièmes. Le couple termine 2ème. Christian Ahlmann, cavalier Allemand, prend la troisième place à l'issue de ce barrage avec son facétieux bai, Lorenzo.
Ehning vainqueur de la Rolex FEI World Cup TM Jumping et Thibaud Coudry vainqueur de la FEI World Cup Driving à Bordeaux (Crédits Photos : Christophe Bricot - CEB)
Cédric LyardPAS DE MEDAILLES POUR CEDRIC LYARD
Dimanche 27 septembre - L'épreuve du cross des Championnats d'Europe à Fontainebleau a été l'épreuve de trop pour les chevaux tricolores. Déjà dimanche, l'équipe de France avait perdu son favori Nicolas TOUZAINT, éliminé, parce que son cheval n'avait pas passé un obstacle correctement. Elle avait hérité tout de même de la seconde place au classement après les déconvenues des cavaliers allemands. Et puis ce dimanche matin, c'est le cheval de Jean TEULERE qui a été sorti de la compétition avant même l'épreuve de sauts d'obstacles après la visite du vétérinaire.
Du coup Cédric LYARD, le cavalier girondin de l'Ecole d'Equitation de GUILLAMBEAU (LEOGNAN) ne pouvait plus monter sur le podium par équipes. Il termine à la 16ème place en individuels.
C'est l'Angleterre qui remporte le titre par équipes devant l'Italie et la Belgique.